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Éditorial du Père François-Xavier
Oniossou :
Pour un carême fécond, prenons le chemin de la prière
Chers amis,
Avec
l’évangile de ce dernier dimanche avant le temps de carême, on n’a pas
besoin d’être agriculteur pour comprendre qu’un figuier ne produit pas
d’olives, ni une vigne, des figues. Jésus utilise cette réalité de la vie
agricole pour faire comprendre ce qu’est un disciple et ce qu’il en attend.
On reconnaît le disciple aux fruits qu’il produit. Quel disciple sommes-nous ?
Cherchons-nous à être au-dessus du Maître où désirons-nous être
comme lui ? Désirons-nous plutôt le laisser vivre en nous sa vie de
ressuscité ? Lui seul peut nous évangéliser pour lui donner un
visage dans notre monde en quête de sens et de bonheur.
Jésus nous
dit que tout se joue dans notre cœur ; lieu où s’exerce notre liberté́
intérieure ; lieu où nous décidons dans le secret de faire le
bien ou de faire le mal. Cette semaine demandons-nous quel fruit nous désirons
produire. Ce dimanche, Jésus se présente comme un maître du vivre ensemble
et même un coach : il invite à nous connaître nous-mêmes pour
mieux vivre avec les autres ; il invite à une sereine lucidité́
sur nos défauts et nos qualités. Il invite à accepter les autres comme
ils sont et à nous changer nous-mêmes plutôt que l’inverse. Jésus ne
nous appelle donc pas seulement à grandir dans la foi et la miséricorde,
mais aussi à convertir nos manières de regarder les autres et de
vivre les uns avec les autres. Ces
enseignements du Christ nous préparant merveilleusement bien au carême,
demandons-lui de nous apprendre à être des compagnons sur le chemin
de l’Évangile, que nous puissions nous soutenir fraternellement pour
progresser, pas à pas vers la sainteté comme nous le demande le pape
François dans son Exhortation apostolique « Soyez dans la joie et
l’allégresse ». C’est pour nous aider à essayer de gagner ce pari
de la sainteté que nous est proposé samedi prochain ce pèlerinage
paroissial à la basilique Saint Martin.
Comme Jésus, il s’agit de nous retirer ensemble pour apprendre à
communiquer et à dialoguer avec Dieu dans et par la prière. Au n°147 de
son Exhortation apostolique le pape François nous rappelle nous que la « …sainteté́ est faite d’une ouverture
habituelle à la transcendance, qui s’exprime dans la prière et dans
l’adoration. Le saint est une personne dotée d’un esprit de prière, qui a
besoin de communiquer avec Dieu. C’est quelqu’un qui ne supporte pas d’être
asphyxié dans l’immanence close de ce monde, et au milieu de ses
efforts et de ses engagements, il soupire vers Dieu, il sort de lui-même
dans la louange et élargit ses limites dans la contemplation du Seigneur.
Je ne crois pas dans la sainteté́ sans prière, bien qu’il ne s’agisse
pas nécessairement de longs moments ou de sentiments intenses ». Pour
le Pape François, la prière n’est pas seulement pour quelques privilégiés,
mais pour tous, car « nous avons tous
besoin de ce silence chargé de présence adorée ». La prière
confiante est donc une réaction du cœur qui s’ouvre à Dieu face
à face, où on fait taire tous les bruits pour écouter la voix
suave du Seigneur qui résonne dans le silence… Au n°151 du même ouvrage, le pape nous assure que « …c’est la contemplation du visage de Jésus
mort et ressuscité qui recompose notre humanité́, même celle qui
est fragmentée par les vicissitudes de la vie, ou celle qui est marquée par
le péché.́ »
Avec ces
belles et simples définitions sur la prière, puissions-nous faire de ce
temps de carême qui s’ouvre mercredi prochain, un véritable moment de
communion et de dialogue avec le Seigneur qui seul peut transformer notre
cœur et notre vie, à l’image de son Fils qui s’est donné et qui marche
constamment avec nous sur les chemins de cette vie.
Bon pèlerinage et fructueux carême
à tous.
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